Confrérie de Saint Photin
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Le mot du président
L’association « Confrérie de la luminère de Saint Photin »
En 2001, nous avons envisagé de redynamiser notre village en créant une association culturelle et participative. Ses grands objectifs étant de :
- rassembler les Varageois de tous âges autour de manifestations et d’évènements.
-recentrer la jeunesse sur des évènements et des fêtes locales, historiques et traditionnelles dans le but qu’ils se les approprient et de ce fait, que cela devienne un centre d’intérêt plus saint (beaucoup de « raves »à cette époque et plus aucun évènement marquant sur la commune).
-animer le village tout au long de l’année en « occupant » l’ensemble de ses places, rues et monuments.
-entretenir le tissu social en mettant en relation les différentes générations.
-permettre à chacun de s’identifier à son territoire culturel et d’en véhiculer les valeurs.
Ainsi, l’association prend forme en 2003 sous le nom de « Confrérie de la luminère de Saint Photin ».
Cette confrérie a eut en charge notre fête patronale de la Saint Photin pendant près de 4 siècle. Comme toutes les confréries, elle fût dissoute en 1901.
A cette image, nous avons concentré nos premiers efforts sur la remise en place des éléments de notre fête patronale. Comme l’ensemble des évènements qui suivront, tous les protocoles et les détails sont issus de l’étude de nos archives communales et départementales.
Ainsi, notre Saint Photin qui consistait jusqu’à lors à tirer des coups de feu à tout va pendant une heure repris peu à peu l’allure qu’elle connut jadis :
-Une élection de capitaine et de porte enseigne et un guet aux flambeaux
-Une procession plus lente, rythmée de salves commandées et accompagnées de fifres et tambours
-Une remise de pique et de drapeau
Tout cela sans compter la participation extraordinaire des couturières et des petites mains bénévoles qui ont permis de costumer et d’accessoiriser jusqu’à 80 hommes, femmes et enfants en tenues du XI eme siécle, origine de notre bravade.
Dans le même temps, nous avons remis en place l’offerte du « mai ».
D’abord appuyé sur le tilleul de la mairie, il trouvera sa place devant l’église d’où il n’a pas bougé depuis. Contrairement à la Saint Photin, les besoin en matériels sont maigres.
Une hache, des rondins et quelques cordes suffisent amplement. Ce sont d’abord les enfants qui s’activent à la collecte du buis pour que les plus expérimentés tressent la guirlande du mat et réalisent la couronne enrubannée.
Cet arbre, coupé la veille du 1er mai est avant tout un effort, un vœu et une offerte aux femmes par les hommes. C’est l’union entre les hommes et leurs efforts communs qui seront récompensés lors de l’érection de l’arbre. Il est porté à dos jusque dans le village ou l’ensemble de la population attend pour festoyer. Dans la nuit, les plus vaillants iront glisser des brins de lilas dans les boites aux lettres de nos anciennes, d’autres attendrons le petit matin pour offrir des roses.
Ce même arbre sera délogé de la place de l’église par les bravadeurs et emmener jusqu'à la chapelle de notre Saint Patron en guise de vœux, lors de la Saint Photin. Le pique nique à la chapelle permet alors de réunir toutes les familles et toutes les personnes « extérieures »à la procession pour un simple moment d’échange dans un cadre d’exception.
Toujours dans ces premières années, nous avons relancé la Saint Jean. Encore une fois, la combinaison des recherches en archives et l’efficacité des bénévoles nous a conduit au fil des ans à une belle fête de Saint Jean. Débutant par la remise de la pique et du drapeau aux deux personnalités fraichement élues, le cortège de bravadeurs et de musiciens effectue un tour de ville pour les aubades et fait une pause au quartier Saint Jean.
Au crépuscule, les enfants ouvrent la marche du cortège en « petits Saint Jean », portant au bout de leurs flambeaux la flamme venue du mont Canigou. Nous adhérons depuis 5 ans à « la maintenance des feux de la Saint Jean »qui regroupe des communes allant du piémont Italien à la Catalogne, en passant par les régions du sud de la France, la principauté de Monaco et des communes Belges.
Cette flamme, illuminant le sommet du Canigou la veille est relayée, passée et transportée dans l’ensemble des communes adhérentes et illumine ainsi notre feu de Saint Jean. Encore une fois, ce sont aussi bien les acteurs du défilé comme les enfants, les bravadeurs, les musiciens, la demoiselle d’honneur recevant la pomme, que les bénévoles assurant la sécurité autour du feu, encadrant les enfants, préparant les costumes, servant les boissons ou faisant griller les saucisses qui permettent à cette fête d’exister.
Il aura fallu attendre quelques années (2006) avant d’inclure au programme annuel un troisième évènement : le Carnaval.
En moins de deux semaines, plusieurs ateliers redonnent naissance au Sanglier de Varages.
Alors qu’un groupe s’attelle à la réalisation d’une grande carcasse métallique, d’autres se consacrent à la réalisation d’une tête, d’une bâche et des costumes de chasseurs et de sauvages.
Ainsi, le 11 mars 2006, le légendaire Senglié de Varages revient au village pour Carnaval avec son cortège de chasseurs et de sauvages.
Au fil des ans, sa sortie marquera tous les dimanches des carnavals, après la sortie du petit Senglié du vendredi avec les enfants des écoles (depuis 2012) et le charivari du samedi, parfois suivi d’un bal masqué.
Voila une première étape de franchie.
S’il est primordial de s’approprier son patrimoine culturel, il l’est tout autant de savoir le partager pour mieux le comprendre.
Ainsi, les bravadeurs de Varages ont plusieurs fois été invités à la Saint Blaise à Montfort, la Saint clair à Allauch et au grand rassemblement des bravadeurs à Saint Maximin. Cette dernière journée aura permis, au travers de la qualité de nos tenues vestimentaires et comportementales, de faire connaitre Varages comme l’un village des villages phare de la maintenance dans le Var.
Dans cette même démarche de partage de savoir et de faire savoir, nous sommes allés en dehors de notre région pour mêler notre Senglié à d’autres animaux tout aussi symboliques.
Le Senglié et sa troupe ont donc, à plusieurs reprises, arpenté les rues de Loupian à l’occasion du rassemblement des animaux totémiques, les rues de Cournonterral pour leur Carnaval et l’inauguration du « tribus lupis », les rues et les places de Toulouse pour l’ouverture du festival occitan.
Le résultat, aussi impalpable soit-il, est que le Senglier de Varages est aujourd’hui l’un des animaux les plus connus du Sud, aux côtés de la Tarasque de Tarascon, du bœuf de Mèze et du Poulain de Pézenas.
Suite à un séjour au musée de Bézier dans le cadre d’une exposition sur les animaux totems, notre animal aura une page dédiée dans un premier ouvrage. Il figure depuis peu dans un second ouvrage de qualité, plus récent, présentant les animaux totémiques du Sud de la France.
Le but de tous ces efforts n’étant pas de briller ou d’avoir la grosse tête, mais, par ces simples pages d’écriture, de rentrer dans l’histoire.
Cela est sans compter la richesse de nos échanges avec cette disparité de gens et de cultures. Si le Senglié de Varages est entré dans l’histoire, Varages est entré dans le cœur de beaucoup de ces personnes comme il nous tient à cœur de répondre présent à leurs invitations.
Aujourd’hui, alors que le plus dur est fait, nous peinons à mettre en place chacune de ces fêtes.
Non par manque de moyens financiers, matériels ou de savoir-faire, mais par défaut de participation et d’engagement.
Les membres du bureau continuent à assurer le fonctionnement administratif et financier, le contact avec l’ensemble de nos amis et partenaires, la planification et l’organisation de chaque date du calendrier comme ils se doivent de le faire.
De son côté, la mairie répond présente lorsque nous sollicitons un appui ou une aide et assume donc ses responsabilités vis-à-vis de la vie associative.
Le défaut vient d’une démobilisation importante d’une grande partie de celles et ceux qui ont su faire vibrer et briller Varages. On essaie de se l’expliquer en évoquant des conflits de personnes, des tensions inter-associatives, des divergences d’opinion, une crise « plus qu’économique »…
Il est temps de relever la tête et d’essayer de voir loin : quel avenir voulons-nous pour notre territoire ?
La disparition de nos fêtes traditionnelles et de leurs impacts sur la vie sociale de nos communes peu laisser la place à plus d’individualisme et d’indifférence à court terme. Que connaitrons alors nos enfants ?
Voilà pourquoi je demande à chacun de vous de réfléchir en profondeur à ce que représente « la Confrérie »pour notre commune et ces générations présentes et à venir.
J’aime la fête, j’aime boire avec mes amis, j’aime sauter et danser mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est savoir quel avenir je prépare pour nos enfants.
Pierre Milesi, président de la Confrérie de Saint Photin

Le mariage de Julien et Jean Pierre, à l'occasion du carnaval de 2014 en cliquant ici.