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Saint Jean

Seulement trois jours aprés le solstice d'été, voici qu'arrive la Saint Jean.

Une fête du feu, de l'eau, des essences de notre terre et de plein air.

Ainsi se déroule cette fête, au quartier Saint Jean, le long de notre intarissable Foux et de son canal des arrosants, protégée des vents par un grand cirque de collines qui s'ouvrent sur un vaste ciel étoilé.

 

Mais avant cela, commençons par trouver du bois. La collecte de "bouts" de bonne longueur, repérés par les ferrus de chasse ou de champignons, s'effectue dans les bois environnents. Mais l'élément clé du bucher est notre arbre de mai, érigé depuis la Saint Photin à côté de la chapelle. Il est donc l'objet de palabres quand à sa hauteur exacte avant d'être mesuré puis débité et transporté jusqu'à Saint Jean. Le bûcher est alors monté, les grosses bûches du mât  croisées à la base, le plumeau fiché droit au dessus de la pyramide et la couronne délimitant l'espace du feu.

A propos du feu, c'est en Arles que nous nous rendons, en quête de la flamme provenant du mont Canigou. Cette réunion, en mairie d'Arles, est l'occasion de cottoyer tous les mainteneurs provençaux des feux de la Saint jean avant de partager la flamme qui va se diffuser et éclairer les feux de Saint Jean.

 

C'est en fin d'aprés-midi que le corps des baravadeurs va quérir le capitaine et le porte enseigne devant leur domicile respectif. Le maire, devant l'hôtel de ville, leur remet alors la pique et le drapeau par l'intermédiaire du garde suisse. Le cortège, sous les ordres du capitaine fraîchement nommé, parcourt les rues du village en musique, au gré d'aubades et de salves d'honneur.

L'arrivée au quartier Saint Jean est marquée par "l'offerte de la pomme". Le garde suisse, sur l'embout de sa rapière, pique le fruit, dans la chair duquel chaque bravadeur a introduit une pièce en guise de voeux.

C'est alors à la demoiselle d'honneur de rattraper le fruit lancé par le Garde suisse, sous les roulements de tambours et la clameur de la foule.

 

A l'issue d'un brève immersion dans les eaux fraîches de la source et d'un apéritif accueillant, les bravadeurs quittent les lieux pour rejoindre les petits "Saint Jean."

Ce sont les enfants, qui, habillés en bergers, partagent la flamme venue du mont Canigou et l'emmènent jusqu'au bûcher, devant le corps de bravade et les musiciens. Les flambeaux sont posés au sol autour de la couronne, les enfants reculent et les bravadeurs s'avancent pour former un nouveau cercle.

C'est au maire d'y pénétrer afin de se saisir d'un flambeau et d'allumer le feu. Mais la tâche est rude car flambeau après flambeau, chaque bravadeur fait feu et le souffle de l'arme étouffe la flamme. C'est sous le commandement du capitaine que les tirs cesseront et que les  bélugues du feu de Saint Jean se mêleront à la lueur des étoiles.

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